25/03/2026
Installée dans l’ancien moulin de Villeneuve posé sur la Rémarde, la Maison Elsa Triolet-Aragon vit actuellement au rythme des expositions et autres actions culturelles, mais aussi à celui du cours d’eau. Et ces dernières années, les épisodes de crues se sont multipliés.
En mai 2016 déjà, de fortes pluies avaient provoqué la sortie de la Rémarde de son lit, entraînant l’inondation du site. Huit ans plus tard, en octobre 2024, deux crues successives en l’espace d’une semaine ont de nouveau touché la Maison.
Entre 50 cm et 1 mètre d’eau ont envahi le rez-de-chaussée selon les espaces. La cour pavée s’est retrouvée entièrement submergée et l’accès au bâtiment ne pouvait plus se faire que par les étages. Grâce à l’intervention rapide du personnel et des sapeurs-pompiers, les œuvres ont pu être mises à l’abri dans les niveaux supérieurs. En revanche, plusieurs pièces ont été touchées : salle d’exposition, bureaux, grand salon, bureau d’Aragon, cuisine et espace d’accueil.
« Les phénomènes d’inondation deviennent plus fréquents. Les épisodes climatiques sont appelés à s’intensifier. Le moulin de Villeneuve est par nature entouré d’eau : on ne peut empêcher totalement l’inondation », souligne Caroline Bruant, directrice de la Maison.
Anticiper plutôt que subir
À la suite des crues de 2016, des études hydrologiques ont été lancées afin d’identifier les solutions permettant de limiter l’impact des fortes pluies sur le débit de la rivière et sur les zones riveraines.
Le 23 janvier dernier, le préfet, le sous-préfet, le président de Rambouillet Territoires, le maire de notre commune et des représentants de l’Agence de l’eau sont venus présenter les conclusions de ces travaux. Parmi les pistes envisagées figurent la création de retenues d’eau en amont et la restauration de méandres afin de ralentir l’écoulement de la rivière lors des épisodes pluvieux intenses.
Des mesures concrètes déjà en place
En attendant d’éventuels aménagements, la Fondation a mis en place un plan de sauvegarde pour anticiper les crues et limiter leurs conséquences.
Le personnel surveille attentivement la montée des eaux et le bief qui entoure le site est régulièrement entretenu. La Maison s’est également équipée de batardeaux, installés en cas d’alerte sur les portes et fenêtres du rez-de-chaussée afin de réduire l’entrée de l’eau dans le bâtiment.
Pour préserver l’esthétique du site, classé et protégé, des batardeaux gonflables ont été privilégiés pour certaines ouvertures. Pour les accès plus larges, des dispositifs rigides ont été autorisés à être installés avec l’accord de l’Architecte des Bâtiments de France, pour un coût d’environ 17 000 €.
Le plan prévoit également la mise en hauteur du mobilier et des œuvres dès qu’une vigilance est déclenchée. « L’objectif est d’être prêts à intervenir rapidement et efficacement », précise Caroline Bruant.
Le 13 février dernier, il aura fallu près de deux heures à quatre salariés pour sécuriser de manière préventive le bâtiment par la mise en place des batardeaux. Fort heureusement, la montée des eaux provoquée par des pluies incessantes n’aura pas fait sortir la Rémarde de son lit.
Si les œuvres ont jusqu’ici été préservées, chaque crue entraîne néanmoins des dommages sur les installations électriques, les systèmes de chauffage ou de sécurité, ainsi qu’une fermeture temporaire du site nécessaire à sa remise en état.
Malgré ces contraintes, la Maison Elsa Triolet-Aragon poursuit sa mission culturelle et continue d’accueillir expositions, ateliers, événements et public tout au long de l’année.
Site créé en partenariat avec Réseau des Communes