22/01/2026

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La construction d’un bâtiment communal nécessite un marché à procédure adaptée (MAPA) permettant de choisir un maître d’œuvre, chargé de concevoir le projet et d’en suivre la réalisation. Pour la maison médicale, la mairie assure la maîtrise d’ouvrage. Elle a ainsi défini les besoins en lien avec les professionnels de santé, et le Département en assure le financement. Le maître d’œuvre élabore le projet architectural, prépare les plans et la consultation des entreprises, les missions confiées au cabinet EN ACT Architecture, à Paris, et à l’architecte Aurélie Durand, responsable de la coordination et du suivi du chantier jusqu’à sa livraison.
Entretien avec Aurélie Durand...

En tant qu’architecte, qu’est-ce qui rend cette phase de réalisation particulièrement intéressante sur ce projet ?
La phase de réalisation est toujours un moment fort pour un architecte, car elle marque le passage du projet conçu sur le papier à sa concrétisation. Le chantier de la maison médicale présente en outre un intérêt technique notable.
Les caractéristiques géotechniques du site, avec un sol majoritairement meuble, ont nécessité la mise en œuvre de fondations spéciales par pieux afin d’atteindre le sol porteur. Cette étape est déterminante pour garantir la stabilité et la pérennité de l’ouvrage.
Par ailleurs, le projet intègre plusieurs dispositifs techniques en faveur de la performance énergétique et du confort d’usage, comme l’installation de panneaux photovoltaïques en toiture et la mise en place d’une ventilation double flux desservant les circulations et les salles d’attente. L’ensemble de l’équipe de maîtrise d’œuvre veille à répondre aux attentes des praticiens et des futurs usagers, avec l’objectif de livrer un bâtiment fonctionnel, performant et accueillant.

Pourquoi le recours à un architecte est-il déterminant pour un projet public comme celui-ci ?
Le métier d’architecte est un métier d’engagement, au service d’un projet, de ses usagers et de son environnement. Il mobilise à la fois la créativité, la technique et une solide connaissance du cadre réglementaire.
Lors de la phase de conception, l’architecte traduit les besoins de la maîtrise d’ouvrage en un projet clair, fonctionnel et adapté à son contexte. Cela implique l’analyse du site, des contraintes réglementaires et budgétaires, des usages futurs, ainsi que des échanges avec les partenaires institutionnels, notamment l’architecte des Bâtiments de France.
La phase de réalisation consiste à accompagner la construction du bâtiment, à coordonner les différents intervenants et à veiller au respect du projet initial. La continuité entre ces deux phases est essentielle pour garantir la cohérence de l’ensemble et la qualité finale de l’ouvrage, du premier croquis jusqu’à la livraison.

Comment percevez-vous la féminisation des métiers du bâtiment ?
La présence croissante de femmes sur les chantiers est une évolution que je considère très positive. Les métiers du bâtiment ont longtemps été perçus comme masculins, mais les compétences, la rigueur et l’engagement n’ont pas de genre.
Sur ce chantier, une conductrice de travaux est notamment en charge du lot des pieux, et l’on observe une diversité de profils à des postes à responsabilité, que ce soit à la conduite d’engins, à la gestion de travaux spécifiques ou au sein de la maîtrise d’œuvre. Tout est anticipé pour accueillir les femmes dans de bonnes conditions, conformément à la réglementation.
Cette mixité apporte une richesse supplémentaire dans les échanges, les méthodes de travail et les relations humaines, favorisant souvent un climat plus collaboratif et respectueux.

Pouvez-vous nous présenter brièvement les projets sur lesquels vous avez travaillé ces dernières années ?
Au sein d’EN ACT Architecture, nous intervenons principalement sur des projets publics et collectifs. J’ai ainsi participé à la réalisation d’écoles, de crèches, d’équipements sportifs, de cabinets médicaux, de mairies, de salles polyvalentes, de bureaux et de logements collectifs, en construction neuve comme en réhabilitation.
Je bénéficie d’un double cursus d’architecte et d’architecte d’intérieur/designer, ce qui me permet d’aborder les projets dans leur globalité, de l’enveloppe du bâtiment jusqu’à l’aménagement intérieur. Cette approche intégrée est particulièrement appréciée sur les projets publics, où la qualité des espaces intérieurs est essentielle au confort des usagers.

Comment envisagez-vous la poursuite du chantier de la maison médicale dans les mois à venir ?
Grâce à une collaboration étroite entre la mairie, l’assistant à maîtrise d’ouvrage et l’ensemble des entreprises, le chantier se poursuit dans de bonnes conditions. Les prochaines étapes concerneront notamment le coulage de la dalle et l’élévation des murs.
Nous sommes conscients des éventuelles nuisances pour les riverains et mettons tout en œuvre pour les limiter. L’objectif reste inchangé : livrer, à l’été 2026, un bâtiment fonctionnel, agréable et conforme aux attentes des praticiens et des habitants, dans le respect du planning et de la qualité attendue pour un équipement public de cette nature.